Les Barons du Havre débarquent dans le Griffintown

de Steeve Lemay, fier citoyen de Griffintown

 

Chers payeurs de taxes montréalais

En cette période de l’année, si vous êtes propriétaires, vous avez sûrement vu vos taxes municipales augmenter de 10%, 25%, voire 50%! Si vous êtes locataires, ces augmentations de taxes auront bientôt une incidence sur le prix de votre loyer. Et nous apprenions dernièrement que la ville verse un autre 10,2 M$ à la Société du Havre de Montréal (SHM), pour un grand total de 21 M$ depuis 2002. Un bon fonds de roulement qui sert en grande partie à des études et des honoraires professionnels de firmes externes à la Ville de Montréal.  Pas un seul petit dollar n’a été utilisé à des fins de travaux.  La SHM n’est qu’un ogre qui ne sert qu’à engloutir l’argent des contribuables.

 

La mission de la SHM

Créée en 2002, la Société du Havre de Montréal avait pour mission de ramener la ville vers son fleuve. De là est née la proposition Le havre de Montréal Vision 2025 en continuité avec les interventions sur le Quartier International, le Vieux-Port et la Cité Multimédia. Vers 2006,  la SHM annonçait la création d’une «entrée de prestige» pour Montréal; ainsi naquit le Quartier Bonaventure. Aujourd’hui, on attend toujours les résultats concrets de ce projet qui aura un impact certain pour Griffintown.

 

La mission n’est plus

Malheureusement, avec les années, la SHM a perdu sa mission, pour ne pas dire le fleuve, de vue.  Avec les millions des contribuables montréalais, on devait ramener la ville vers son fleuve. Le Quartier Bonaventure sera vraisemblablement plutôt créé avec l’intention de ramener massivement les autobus et les chars provenant d’Outrepont, sans considération pour le bien-être des montréalais qui seront affectés par cette circulation massive.  Pour se rendre au Vieux-Port, les citoyens de Griffintown devront maintenant traverser un corridor d’autobus (le dangereux corridor Dalhousie) et une autoroute urbaine au niveau du sol. Un total de 12 voies de circulation à traverser pour atteindre les secteurs revitalisés du Vieux-Montréal et du Vieux-Port. Bye-bye la promenade au bord du fleuve.

 

Griffintown, victime des Barons du Havre.

Les citoyens de Griffintown et les élus du Sud-Ouest tentent avec énergie de remémorer à la tête de la SHM sa mission initiale. Mais ils se heurtent à une série d’aberrations qu’ils dénoncent et qui sont remplacées par d’autres intentions toutes aussi aberrantes. À titre d’exemple, la SHM parle initialement de creuser un tunnel à quelques mètres d’un bâtiment bien inscrit dans l’histoire de Montréal,  le New City Gas (1860), afin de faire passer quotidiennement 1900 autobus de la Rive-Sud.  Les citoyens manifestent pour protéger ce bâtiment et, face à la pression, la SHM renonce à cette idée d’hurluberlus pour proposer – disons plutôt imposer – l’idée d’un autre corridor qui cette fois, passerait à travers l’immeuble Rodier (1875), communément appelé Baron Sports. Ailleurs, dans une ville « non design » de l’UNESCO, on lancerait un plan de revitalisation du quartier à partir de la présence même de ce type de bâtiment.  Ici, on dépense plutôt l’argent des contribuables en études de tout acabit gérées avec amateurisme.  La SHM a-t-elle réussi à convaincre un seul urbaniste, digne de ce titre, pour bénir sa dernière trouvaille? Existe-t-il un seul ingénieur en circulation pour décréter sécuritaire cette voie ? Rappelons que le bâtiment a été acheté par la ville au coût de 1,6 M$ afin de permettre  son amputation. Alors rien ne semble arrêter les Barons du Havre que je nomme ainsi en l’honneur du bâtiment qu’ils menacent!  Le havre semble bien être la baronnie de la SHM…

 

À bas l’ogre

Considérant l’attitude arrogante de la SHM ces dernières années en faisant fi des recommandations à l’Office de Consultation Publique de Montréal (printemps 2010) des citoyens et des élus du Sud-Ouest, considérant également la perte de sa vision du développement du havre de Montréal et les fonds engloutis depuis 2002 et à venir, il est grand temps de dompter cette bête sans queue ni tête. Le but de cette société était de donner une vision du développement du havre.  Ils ont dépassé leur mandat et visiblement pas pour le meilleur. Qu’ils s’en tiennent à leur rôle et, les élus, les spécialistes de la ville ainsi que les citoyens s’occuperont du reste. En attendant, payeurs de taxes montréalais, faites votre chèque à l’ordre des Barons du Havre.

Deux problèmes, une même solution

Avec la rentrée scolaire, on a beaucoup parlé de décrochage. Montréal a le bien triste bilan de produire plus de décrocheurs que de diplômés au secondaire, particulièrement chez les garçons (60% des garçons décrochent dans le quartier Petite-Bourgogne, Sud-Ouest). Montréal a aussi le triste bilan de voir des milliers de familles par année quitter la ville au profit de la banlieue.  Deux problématiques qui font que Montréal se meurt.

Des projets immobiliers qui se ressemblent tous

Pendant ce temps, à quelques minutes à pied du Centre-ville, du Canal Lachine, du Vieux-Montréal, un quartier plein de potentiel renaît de ses cendres : Griffintown. Si l’on observe de près l’ensemble des projets immobiliers dans les environs, outre les Bassins du Nouveau Havre, on a lancé la serviette concernant la place des familles. On y trouve principalement que des projets de condos et de lofts destinés aux jeunes professionnels et célibataires. A-t-on pensé intégrer une école dans le projet pour attirer les familles? , ai-je demandé lors d’une assemblée d’informations sur l’un des projets en cours.  On m’a répondu qu’il n’y avait pas de familles dans le secteur, ne justifiant pas ainsi la présence d’une école (sic).

Une solution pour éviter l’exode des familles et réduire le décrochage scolaire

Mais pour attirer les familles dans ce secteur, il est nécessaire d’y avoir une école de bonne réputation. Griffintown possède déjà une université de renom, l’École de Technologie Supérieure (ÉTS). Pourquoi ne pas envisager un projet d’école avec cette institution, une école primaire et secondaire axée sur les sciences et la technologie? Une école qui encourage les familles à demeurer dans le quartier et qui dessert les jeunes du Sud-Ouest de Montréal. Une telle école permettrait de faire d’une pierre… plusieurs coups. Par son approche axée sur les sciences et la technologie, elle inspirerait sûrement les jeunes garçons dans leur apprentissage, elle permettrait également d’ouvrir plus tôt la porte des sciences aux filles et elle éviterait l’exode des familles qui sont à la recherche d’une bonne école pour leurs enfants. Bref, une alliance entre une école primaire, une école secondaire et une université, comme c’est le cas pour l’école FACE de la CSDM qui encourage la venue des jeunes de quartiers défavorisés. Seulement 11,1% des jeunes de cette école à vocation artistique et qui se situe à l’ombre du campus de l’Université McGill décrochent du système scolaire. On a ainsi créé une école qui inspire les jeunes à accéder à l’Université plutôt qu’à décrocher.

Pour voir autrement

La présence d’une telle école dans Griffintown changerait la vision que l’on a actuellement du développement de ce quartier. Le savoir ferait battre le cœur du développement de ce quartier historique, que l’on pourrait dorénavant nommer le Quartier du savoir. On pourrait alors y prévoir la construction d’un centre sportif dédié à la communauté, une agora du savoir à l’ancien planétarium, un musée des sciences dans l’édifice Rodier (édifice Baron Sports), des parcs où il serait bon de jouer au échecs, et quoi d’autres encore? Mais que fait-on présentement pour redonner une seconde vie à Montréal dans ce quartier? On y prévoit un passage pour des centaines d’autobus par jour provenant de la Rive-Sud, on y construit des projets de condos à petite surface pour jeunes professionnels qui quitteront la ville dès la naissance de leur premier rejeton, on développera une autoroute urbaine à 9 voies de circulation à l’entrée du quartier et on construira une tour de 70 m de hauteur à l’extrémité Est du Canal Lachine. Montréal ne mérite-t-elle pas mieux?

Steeve Lemay,

résidant de Griffintown,

consultant en éducation et auteur de manuels scolaires

L’équipe du Sud-ouest vous invite à voter le dimanche 1er novembre

Par Steeve Lemay, candidat Projet Montréal Sud-Ouest

Publicité PM Sud-Ouest

De gauche à droite: Marie-Pascale Deegan, Richard Bergeron, Hélène Leblanc, Mudi Wa Mbuji Kabeya, Sophie Thiébaut et Steeve Lemay

Des idées d’hurluberlus?

Par Steeve Lemay, candidat Projet Montréal Sud-Ouest

Des engagements qui ne sont pas réalistes… Des projets qui ne verront jamais le jour… Nos adversaires politiques ne cessent d’essayer de convaincre les citoyens que les engagements de Projet Montréal, autant au niveau régional que local, ne peuvent se réaliser. Comme le disait Richard Bergeron à Gérald Tremblay lors du débat télévisé du 19 octobre, -«VOUS, vous ne pouvez pas le faire!»

Alain Jupé, maire de Bordeaux, est en ville. Il nous dit que sa ville s’est transformée avec l’arrivée du tramway. «Nous avons construit 45 km de tramway en moins de 10 ans pour relier la périphérie au cœur de la ville.» Il affirme même qu’il a été bon de s’endetter pour réaliser le projet. Après tout, on n’hésite pas à s’endetter pour les routes! Alors pourquoi pas pour un réseau de tramways et un transport collectif efficace?

Tramway de Bordeaux

Tramway de Bordeaux

Idées farfelues, idées utopiques, idées d’hurluberlus… nommez-les comme vous voulez, moi j’appelle ça de la VOLONTÉ. Mettre les priorités aux bonnes places pour la qualité de vie des citoyens montréalais, et je dis bien montréalais. Voilà! Si certains politiciens ne peuvent suivre, ne peuvent comprendre, ne peuvent réaliser de tels objectifs, ce sont leurs problèmes. D’un côté des infrastructures des années 50, de l’autre, des idées du 21e siècle. À l’électeur de choisir.

Des capsules vidéos, pour vous!

L’équipe de Projet Montréal Sud-Ouest a réalisé quelques capsules vidéos pour partager avec vous leur fierté de vivre dans le Sud-Ouest, leurs projets pour l’arrondissement, leurs solutions pour une meilleure qualité de vie, leurs engagements.

Capsules vidéos

Venez rencontrer vos candidats du Sud-Ouest en cliquant ici.

Stéphanie, Kelly, Léa et le corridor d’autobus Dalhousie

Par Steeve Lemay, candidat Projet Montréal Sud-Ouest

Stéphanie, Kelly et le corridor d’autobus
Une fable urbaine à faire peur

L’histoire que je m’apprête à vous raconter est difficile à croire, mais elle vraie.

Il était une fois… un jeune couple qui désirait fonder une famille : Stéphanie Richard, éducatrice spécialisée travaillant à St-Michel, et Kelly Jadotte, policier à Laval. Mais où bâtir leur nid? Stéphanie et Kelly devaient-ils rester à Laval? Rentrer en ville? À la grande surprise de leur entourage, ils optèrent pour le Sud-Ouest de Montréal. Eh oui! Alors que 10 000 familles quittaient l’île de Montréal pour les banlieues chaque année, Stéphanie et Kelly choisirent de revenir en ville pour y élever leur enfant. Leur décision était-elle bizarre, à contre-courant, ou témoignait-elle au contraire d’une nouvelle réalité?

Stéphanie et Kelly à Griffintown
C’est ainsi que remplis d’espoir, Stéphanie et Kelly s’établirent dans Griffintown, un ancien quartier irlandais prêt à renaître. Ils choisirent un emplacement de rêve, à quelques minutes de marche du centre-ville, du Canal Lachine et du Vieux-Montréal. Enchantés, ils purent même se délester de l’une des deux voitures nécessaires à leur ancien mode de vie. Seul inconvénient : chaque jour, environ 350 autobus transportant des résidents de la Rive-Sud circulaient devant leur porte. Qu’à cela ne tienne : on leur avait affirmé qu’il s’agissait là d’une situation temporaire. Confiants et amoureux de leur quartier, Stéphanie et Kelly firent un pas de plus : après la naissance de la petite Léa, ils achetèrent un nouvel appartement un peu plus grand, situé à quelques dizaines de mètres du premier.

Comment leur rêve s’estompa dans un nuage de bruit et de CO2
Quelques mois plus tard, Stéphanie et Kelly eurent vent d’un projet abominable : loin de disparaître, le corridor d’autobus « temporaire » qui leur empoisonnait déjà la vie accueillerait bientôt quatre fois plus d’autobus servant au transport pendulaire des habitants de la Rive-Sud : près de 1500 véP1030025hicules par jour! Un autobus toutes les 15 secondes durant les heures de pointe!

Conscients de l’importance d’encourager les banlieusards à utiliser le transport en commun, Stéphanie et Kelly n’en furent pas moins stupéfaits. Pour tout dire, ils se sentirent floués : l’intérêt du citoyen montréalais n’était-il pas au cœur de tout développement urbain? L’administration en place était-elle en panne sèche de créativité ou aspirait-elle inconsciemment à l’exode de ses propres résidents?

Stéphanie et Kelly cherchèrent une explication
Incrédules, Stéphanie et Kelly cogitèrent. Se pouvait-il que la Société du Havre de Montréal (SHM), dont le conseil d’administration était présidé par le maire Tremblay, ait décidé de détourner le flot d’autobus de la Rive-Sud vers Griffintown, afin de rendre plus séduisant son projet de développement immobilier dans le nouveau Quartier Bonaventure? Se pouvait-il que l’autoroute Bonaventure, qui serait enfin démolie, soit remplacée par une autre barrière tout aussi impénétrable entre le Sud-Ouest et le Vieux-Montréal, le corridor d’autobus Dalhousie?

Stéphanie et Kelly s’interrogeaient : comment feraient-ils, chaque matin et chaque soir de la semaine, pour traverser à leurs risques et périls un corridor d’autobus laissant passer un véhicule toutes les 15 secondes ainsi que 8 voies d’automobiles pour atteindre leur garderie de quartier, située à 300 mètres de leur appartement?

Et ils vécurent heureux (?)
« Si ça se développe ainsi, me confia Kelly, nous envisageons d’amener Léa à la garderie en voiture, pour des raisons de sécurité! »

Stéphanie et Kelly étaient tenaces. Pas question pour eux de retourner en banlieue. Même si Montréal semblait déterminée à les repousser, ils continuèrent à croire qu’il était bon et intelligent de vivre en ville, pour des raisons environnementales, culturelles et économiques.

Malheureusement, de nombreuses familles perdirent espoir. Elles cessèrent de croire que leur quartier pourrait se développer en un milieu où il ferait bon vivre, avec des services de proximité, un système de transport repensé et plusieurs espaces verts, aux abords du fleuve et du Canal Lachine, au cœur même de l’histoire de Montréal.

On dit que cette année-là comme chaque année, 10 000 familles montréalaises ne suivirent pas l’exemple des irréductibles Stéphanie et Kelly : elles préférèrent l’exode. Et que Montréal poursuivit cahin-caha sa lente marche vers l’insignifiance.

Et s’il y avait une autre fin possible?

Une vidéo vaut 1000 mots (ou une vidéo qui montre 1000 maux)

Par Steeve Lemay, candidat Projet Montréal Sud-Ouest

Deux de mes articles précédents (Le corridor d’autobus Dalhousie fait une autre victime et Un corridor culturel vs le corridor Dalhousie) abordaient la question de la réalisation d’un corridor d’autobus planifié par la Société du Havre de Montréal (SHM) sur la rue Dalhousie, créant une immense cicatrice au sein de Griffintown, quartier d’avenir du Sud-Ouest. Comme je le mentionnais, ce corridor à quatre voies laisseraient passer près de 1500 autobus sur l’axe Rive-Sud/Centre-Ville, sans prendre en considération le bien-être, la sécurité et la vie de quartier des résidents en place et à venir. Autrement dit, aucun respect pour le citoyen montréalais.

Comme vous pourrez le constater sur cette vidéo en accéléré, on peut aisément observer les deux heures de pointe (à 1 min 20 et 2 min 40 sur la vidéo) et le débit actuel d’autobus, qui représente pour l’instant environ 4 fois moins d’autobus que le projet envisagé par le corridor Dalhousie. Ainsi, avec la venue du corridor d’autobus Dalhousie, il faut imaginer 4 fois plus d’autobus que sur la vidéo et un corridor comportant 4 fois plus de voies.

C’est ainsi que les propriétaires de 700 nouveaux logements, qui voyaient un tout nouveau quartier près du centre-ville, avec des services de proximité, là où il est bon de vivre, se retrouvent floués par des gens qui n’ont aucune connaissance (ou considération) de l’urbanisme. Leur rêve de vivre en ville dans un cadre agréable leur échappe sans avertissement. Je le répète : Quand les citoyens montréalais se trouveront-ils finalement au centre de tout développement urbain?

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